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Bush, deux documentaires
complémentaires:
LE MONDE SELON BUSH le 23
juin -- FAHRENHEIT 9/11 le 7 juillet
LE MONDE SELON BUSH
Réalisateur: William
Karel
A savoir : le film est adapté du livre éponyme signé
par Eric Laurent, un journaliste français.
Sortie le 23 juin 2004
Voici un film qui ne manquera
pas d'être passé à la moulinette parfois injuste de
la comparaison avec Fahrenheit 9/11 de Michael Moore, palmé à
Cannes, qui sort sur les écrans français seulement quinze
jours après le documentaire de William Karel. Et il est vrai que
les deux uvres se voient forcément en parallèle, se
complétant l'une l'autre sans jamais se contredire sur des sujets
tels que la connivence entre Bush et l'Arabie saoudite, les manipulations
gouvernementales sur les armes de destruction massive en Irak ou encore
le Patriot act II.
Le réalisateur français suit une démarche presque inverse
à celle de son confrère américain : au lieu de partir
d'une thèse a priori et de la défendre en s'appuyant sur les
éléments récoltés, il reprend au début
l'enquête réalisée au départ par Eric Laurent
(l'auteur du livre Le monde selon Bush qui a donné lieu au film éponyme)
et construit son documentaire à partir de ce qu'il trouve. Au final,
le résultat est extrêmement intéressant, peu militant
et apparemment plus neutre, quoique moins attractif que Fahrenheit 9/11.
Là où Moore multiplie les reportages, joue avec la bande-son
et écrit un commentaire mordant, William Karell se raccroche uniquement
aux témoignages de quelques personnages-clef de la politique américaine
: un ancien de la CIA, le porte-parole du parti démocrate, le conseiller
du pentagone Richard Perle, l'ancien inspecteur de l'ONU Hans Blix... Au-delà
de ces nombreuses et riches interviews, William Karel ne se permet aucune
extrapolation et ne cède pas à la tentation du raccourci.
Cette rigueur un peu sèche, qui pourrait passer pour un manque de
chair, fait du Monde selon Bush une critique certes peu spectaculaire mais
relativement inattaquable du système Bush.
Débat contradictoire
Les témoignages qu'il
propose sont en effet saisissants et viennent curieusement se corroborer
les uns les autres. Surtout, Karell livre un débat contradictoire
en laissant la possibilité de s'exprimer à ceux que son film
dénonce. C'est en cela que le réalisateur non seulement se
démarque de Michael Moore, mais vient très heureusement le
compléter. Il apporte comme une caution morale et rigoureuse au trublion
américain qui ne s'embarrasse pas toujours d'autant de précautions.
Et, de fait, le réalisateur français ne laisse jamais prise
à aucune des critiques faites à l'encontre de Moore : on ne
peut l'accuser d'être partisan, il ne se focalise pas sur le président
américain (mais démontre au contraire le rôle primordial
des " faucons néo-conservateurs "), toutes ses sources
sont clairement identifiées, etc.
Au final, puisqu'il est presque impossible de s'affranchir de la comparaison,
Le monde selon Bush et Fahrenheit 9/11 apparaissent comme deux versants
complémentaires, mais formellement distincts, d'une même histoire.
Alors que le documentaire de Moore, lui, est un film construit comme une
uvre de fiction, qui scénarise ce qu'il montre, et n'hésite
pas à user des armes propres au genre comme le suspense ou les bruitages,
la démarche de William Karell apparaît plus clairement journalistique.
Il garde à tout moment ses distances avec le sujet, ne prenant pas
parti, et, en terme de mise en scène, se contentant souvent de plaquer
des images-prétextes sur les témoignages de ses interlocuteurs.
Mais qu'on le trouve plus sobre ou moins captivant que son embarrassant
" double ", Le monde selon Bush s'avère au final tout aussi
indispensable.
MPM
FAHRENHEIT 9/11
Réalisateur: Michael
Moore
Sortie le 7 juillet 2004
Le sujet ne serait pas aussi
grave, les révélations de Moore aussi stupéfiantes
(bien que William Karel l'ait légèrement devancé avec
Le monde selon Bush), Fahrenheit 9/11 mériterait presque la palme
de l'humour. On reconnaît bien là la marque de fabrique de
Michael Moore : mettre en avant l'ironie tragique des choses les plus sérieuses
et dresser un portrait au vitriol de son pays.
Et ça marche ! Le réalisateur fait intervenir tous les artifices
scénaristiques classiques pour mieux défendre sa thèse
de départ : musique codifiée, voix-off cynique, juxtaposition
d'images à charge, rebondissements, suspense, etc., et confère
ainsi au film un rythme extrêmement dynamique. Sa démonstration
implacable, basée sur la dérision et l'anecdotique, est au
final plus efficace qu'un long pensum ennuyeux sur la politique américaine.
Car avec son air bonhomme de trublion un peu benêt, Michael Moore
fait dire des énormités à ses interlocuteurs, qui assument
pourtant d'un air candide l'absurdité de leurs propos. Ainsi un député
avoue-t-il sans complexe que les parlementaires ne lisent jamais les projets
de loi avant de les voter
L'air attéré des députés
à qui le réalisateur propose d'envoyer leurs enfants en Irak
en dit également plus long sur leur état d'esprit que bien
des témoignages !
Les interlocuteurs du cinéaste auraient pourtant dû apprendre
à se méfier de ses questions anodines et de sa mine réjouie
de gentil nounours. Certains, tout de même, l'ont bien compris. Et
l'on savoure à double titre l'intervention policée des services
secrets lorsque Michael Moore filme simplement la façade de l'ambassade
d'Arabie saoudite. D'une part le lieu est le mieux surveillé du monde,
et bien sûr cela n'est pas innocent. Et d'autre part, le réalisateur
inquiète un peu. On le sait incontrôlable, il est donc préférable
d'avoir toujours un il sur lui.
C'est la capacité
de Moore à filmer ces petites choses, à laisser tourner la
caméra, à s'attacher à des détails apparemment
insignifiants, mais révélateurs si on les met bout à
bout, qui fait de Fahrenheit 9/11 une vraie uvre cinématographique
et non un simple "brûlot anti-Bush", bêtement polémique
et provocateur, comme on a pu le lui reprocher après qu'il ait reçu
la Palme d'Or à Cannes. Cette fausse polémique sur l'aspect
plus politique qu'artistique de ce prix a beaucoup occulté la vraie
question : ce que dit Michael Moore et la manière dont il le dit.
Ses révélations ne sont pas moins passionnantes et fracassantes
parce qu'elles sont faites dans un but politique avoué.
Certes, le réalisateur donne parfois l'impression de céder
à la tentation de tourner Bush en ridicule, juste pour mettre les
rieurs de son côté. Mais la plupart du temps, il ne fait en
réalité que confronter des images d'archives où le
président se contredit ou même montrer des extraits de reportage
où l'homme le plus puissant du monde s'enfonce lui-même (disant
quelques mots sur les attentats du 11 septembre
avant d'enchaîner
sur un joli coup au golf, par exemple). Par contre, il est vrai qu'on aurait
aimé connaître la provenance de certaines images vraiment choc,
comme cette intrusion violente des soldats américians chez un particulier
irakien, par exemple.
Michael Moore, en réalisant ce documentaire, poursuit sa carrière
d'agitateur d'idées et d'empêcheur de faire n'importe quoi
en paix, histoire de secouer un peu ses compatriotes terrorisés par
le climat de suspicion et d'insécurité permanente qui règne
aux Etats-Unis depuis presque trois ans. Plutôt une bonne nouvelle.
Reste à faire la démarche, relativement politique, de voir
son film.
MPM
Vu sur internet: Fahrenheit
9/11, soupçons de manipulation
Un journal de l'Illinois
réclame des excuses et un dollar à Michael Moore pour avoir
selon lui contrefait une Une du Pantagraph de Bloomington dans son film
Fahrenheit 9/11.
Le quotidien a déclaré vendredi qu'il avait envoyé
une lettre au réalisateur et à son distributeur, Lions Gate
Entertainment.
Dans l'un des premiers plans du pamphlet anti-Bush, on peut voir les gros
titres de journaux se rapportant à l'élection présidentielle
controversée de 2000. Apparaît notamment la première
page de l'édition du 19 décembre 2001 du Pantagraph, qui titre
«Le dernier décompte en Floride donne la victoire à
Gore», le candidat démocrate.
Le journal affirme que ce titre n'a pas été publié
à cette date mais le 5 décembre 2001, et pas en Une mais dans
une lettre au rédacteur en chef, ce qui ne reflète que l'opinion
de l'auteur. «Si (Moore) veut faire de la réécriture
au Pantagraph, il devrait postuler», ironise le quotidien.
Tofy
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Friday, July 30, 2004 Pantagraph
to Moore: Headline use 'misleading'
By Bill Flick flick@pantagraph.com
BLOOMINGTON -- The Pantagraph
has a message for Michael Moore, creator of the movie hit, "Fahrenheit
9/11":
If he wants to "edit" The Pantagraph, he should apply for a copy-editing
job and not simply show made-over and "falsely represented" pages
from the newspaper in his movie -- or he should at least ask for permission
first.
In a letter drafted Thursday
and sent to Moore and the movie's Santa Monica, Calif.-based distributor,
Lions Gate Entertainment, the newspaper admonished him for his "unauthorized
... misleading" use of The Pantagraph in the film. He also was cited
for copyright infringement.
The letter, drafted by J. Casey
Costigan of the Bloomington law firm, Costigan & Wollrab, seeks an apology,
an explanation of how such a strange discrepancy occurred in his movie and
compensatory damages -- of $1.
"While we are highly flattered
to be included in the movie," said Pantagraph President and Publisher
Henry Bird, "we are a bit disturbed that our pages were misrepresented."
Previous attempts to reach Moore
through Lions Gate by phone and e-mail were unsuccessful.
In the film, Moore criticizes
President Bush's handling of the Sept. 11, 2001, terrorist attacks, the
subsequent wars in Afghanistan and Iraq and the president's and his associates'
ties to Saudi Arabian oil interests.
In a moment early in the movie,
newspaper headlines from around America that relate to the legally contested
2000 presidential election flash across the screen. One of them is purported
to be from a Dec. 19, 2001, edition of The Pantagraph.
But a check of that day's newspaper
revealed the large headline prominently flashed in the movie -- "Latest
Florida recount shows Gore won election" -- never appeared in that
edition.
Instead, the headline appeared
in a Dec. 5, 2001, edition -- but not as a news headline. It was in much
smaller type above a letter to the editor. Those headlines reflect only
the opinions of the letter writer and are not considered "factual"
news stories.
In the movie, The Pantagraph
page, as shown, was not how a real page from the newspaper would have looked.
Moore's version had a different typeface and a different headline size from
what The Pantagraph uses. The newspaper's name, however, appears in the
correct font.
The letter calls all of this
a "misrepresentation of facts."
The discrepancy first came to
light in a July 16 Bill Flick column.
Since then it has become a topic
of newspaper articles, radio talk shows and various Web sites.
"In an instance that The
Pantagraph prints materials in which there is a mistake," the Costigan
letter to Moore reads, "it is corrected. It is our hope that you would
adhere to the same high ethical standard and correct the inaccurate information
which has been depicted in your film."
The letter calls into question
the ethics of how Moore made his movie, a movie whose primary purpose is
to call into question the ethics of the Bush White House.
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