CRITIQUES de FILMS

 

Rentrée 2004: le renouveau du film d'horreur ?

CABIN FEVER le 25 août -- LOVE OBJECT le 8 septembre

 

CABIN FEVER
Réalisateur (et histoire): Eli Roth
Acteurs : Rider Strong, Jordan Ladd, Joey Kern, Corina Vincent, James Debello...
Sortie le 25 août 2004 (Cabin fever - la fièvre noire)

C'est dans quelques semaines le 25 août que débarque sur nos écrans the film gore de l'année à ne pas manquer : CABIN FEVER. Enfin! Pour tout le monde c'est un premier film avec des inconnus qui pour la plupart vont se faire massacrer. Pour une poignée d'amateurs c'est le film à voir absolument car précédé d'échos très élogieux. La rumeur de mon côté était celle-ci : David Lynch aurait produit un petit film très sanglant où un phénomène bizarre décime les habitants d'un chalet isolé. David Lynch est en fait seulement crédité dans les remerciements du générique, mais c'est tout. Le rélisateur et auteur de l'histoire Eli Roth (et co-scénariste et co-producteur) de CABIN FEVER a en fait plusieurs fois travaillé avec lui, notament pour des courts-métrage destinés au site internet de Lynch.
L'histoire de CABIN FEVER en quelques mots : Pour fêter la fin de leurs études cinq jeunes se sont organisé quelques jours de vacances dans un chalet en pleine forêt. Ils vont vite découvrir qu'un mal étrange et redoutable va transformer leur séjour en cauchemar absolu…

Disons-le: le film gore était un genre plutôt moribond. Réjouissons-nous: le renouveau arrive. Retour en arrière: le premier vrai film gore reconnu par les afficionados est "Blood feast" réalisé par Herschell Gordon Lewis en 1963. Les années 70 et le début des années 80 ont donné quelques perles de films d'horreur. Sam Raimi bricolait "Evil Dead", William Friedkin signait "L'Exorciste". Wes Craven livrait "La dernière maison sur la gauche", "La colline a des yeux". John Carpenter (qui pour l'annecdote à peine sorti de l'école obtient en 1970 l'oscar du meilleur court-métrage) réalise (et compose la musique originale) de "Halloween-La nuit des masques", George A. Romero réalise "La nuit des morts-vivants" et "Zombie"... Milieu des années 80 le film d'horreur est devenu un sous-genre de film qui ne passe plus guère au cinéma mais par le vidéo-club. En 1996, Wes Craven fait un retour inattendu avec un film qui parodie les codes du film d'horreur : "Scream." Une bande de jeunes se fait trucider par un tueur masqué, et c'est le succès partout. Du coup, on a droit à une vague de produits marketés selon la même recette du wodunit (= who done it ?, qui est le tueur ?). Scream 2 et 3, Souviens-toi l'été dernier 1 et 2, Urban légend 1 et 2, etc… Des films calibrés pour faire frissoner les jeunes avec des jeunes vedettes sorties de leurs sitcoms/feuilletons télé préférés. Hélas, du slasher-movie sympathique on arrive au teen-movie distrayant. Du coup le film d'horreur est toujours dénigré (Scary Movie 1et 2), en même temps les quelques tentatives d'en faire un sont ratées ("Promenons-nous dans les bois" de Lionel Delplanque).
Signe encourageant en 2003, sur les écrans en France, arrive "Haute tension" de Alexandre Aja (qui en ce moment à 26 ans prépare à hollywood le remake de "La colline a des yeux" supervisé par Wes Craven lui-même). De plus, le film français méconnu "Baby Blood" réalisé par Alain Robak en 1989 sera enfin édité en dvd dès ce 4 août 2004.

2004 : le film d'horreur est plus sanglant que jamais. Vont arriver sur nos écrans DEAD END des français Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa , et CALVAIRE du belge Fabrice Du Welz . Le remake "Dawn of the Dead" de Zack Snyder est hors compétion à minuit au dernier Festival de Cannes. Et ce 25 août prochain donc, sortie de CABIN FEVER tourné à l'autome 2001 en 24 jours. Certes le film n'est pas sans quelques maladresses, mais CABIN FEVER est un des meilleurs films gores vu depuis longtemps !
"Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper est certainement le plus grand film gore, peut-être à cause de son ambiance poisseuse et dérangeante du fait qu'il n'y a ait aucune distanciation entre soi spectateur et les horreurs du film. CABIN FEVER de part l'esthétique de ses images rappelle directement ce climat malsain, mais il contient assez d'humour froid pour nous faire sourire. Et pourtant, il n'y a pas de quoi : les scènes macabres vont aller crescendo. Autre chose remarquable: le montage inattendu. De nos jours les plans de quelques secondes s'enchainent façon clip pour rechercher l'efficacité. Ici on dirait parfois un montage roots à l'ancienne (quand on coupait et collait la pellicule au lieu des logiciels informatiques), il y a comme un blanc d'un quart de seconde entre deux séquences. Les premières images font entendre le bruit de mouches avant que l'on découvre une carcasse, puis trois garçons et deux filles arrivent... ps: rester à jusqu'à la fin du générique pour une dernère image.

Tofy

LOVE OBJECT
Réalisateur (et scénario): Robert Parigi
Acteurs : Desmond Harrington, Melissa Sagemiller, Udo Kier, Robert Bagnell...
Sortie le 8 septembre 2004

Dans le registre non pas gore mais plutôt gare au psychopate qui someille en nous, sort le 8 septembre LOVE OBJECT. Déjà 2004 nous a donné deux bonnes livraisons américaines dans le genre étrange qui bascule dans l'horreur.
"Willard" (réalisé par Glen Morgan) était un homme solitaire qui apprivoise un rat, puis toute une colonie. Le monde extérieur le rejette, il va alors utiliser les rats qui lui obéissent comme arme pour se venger. Mais décontenancé par une nouvelle collègue de bureau qui s'interesse vraiment à lui, arrivera-t-il à controler les rats semeurs de morts?
"May" (réalisé par Lucky McKee) était une jeune fille introvertie, les relations qu'elle essaie de construire la désespère. Sa mère lui disait "si tu n'as pas d'amis, il faut t'en fabriquer un". C'est ce qu'elle va faire mais avec les mains de l'un, les jambes d'une autre...

Dans le rayon films d'horreur où une personne ordinaire (souvent différente avec des problème de communication et/ou d'intégration) se met à faire couler le sang autour d'elle, les classiques ne sont pas légion. L'exercice de style est probablement plus difficile, car il ne s'agit pas de seulement montrer des gens qui se font tuer mais avant tout de faire un portrait de quelqu'un en difficulté avec la société et les autres. La référence est un chef-d'oeuvre de Brian De Palma, "Carrie" qui ira jusqu'à mettre le feu au bal de fin d'année.

LOVE OBJECT nous arrive du Festival Fantastique de Gerardmer 2004 avec le prix du public et le prix de la critique internationale. L'histoire: un rédacteur de notices techniques à la vie terne commande une poupée grandeur nature sur internet. Il la personalise en pensant à une jolie intérimaire et devient amoureux de cette réplique inanimée de femme. Mais l'intérimaire et lui vont peu à peu se rapprocher et tomber amoureux. Mais la poupée de silicone est désormais trop possessive...
Le malaise s'installe petit à petit pour laisser place à l'horreur la plus froide. Quand déviations érotiques riment avec gore cela donne un film étrange et ici remarquable.

Dans quelques semaines, rendez-vous le 25 août pour CABIN FEVER, puis après le 8 septembre pour LOVE OBJECT. Deux premiers films qui ne resteront probablement pas longtemps à l'affiche et qu'ils ne faut pas rater.

Tofy

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