CRITIQUES de FILMS

 

Début 2005: la fin de l'innocence sexuelle...

INNOCENCE le 12 janvier -- LILA DIT ÇA le 26 janvier

 

Bientôt la nouvelle année 2005 arrive, et janvier verra dans les salles de cinéma des premiers films français à défendre. La fin de l'innocence sexuelle est d'abord un titre de film (réalisé par Mike Figgis), c'est un peu de ça qu'il s'agit mais de plein d'autres choses aussi...

INNOCENCE
Réalisatrice (et scénario): Lucile Hadzihalilovic
D'après une nouvelle de Frank Wedekind
Actrices : Zoé Auclair, Léa Bridarolli, Bérangère Haubruge, Marion Cotillard, Hélène de Fougerolles...
Sortie le 12 janvier 2005

INNOCENCE est le premier long-métrage de Lucile Hadzihalilovic. Elle a produit et monté "Carne" (une mention au Prix de la Jeunesse 1991) et "Seul contre tous" de Gaspar Noé. Elle a réalisé différents court-métrages, et son moyen-métrage "La bouche de Jean-Pierre" a reçu le Prix Très spécial à Cannes en 1996. Autant dire qu'elle a déjà une réputation, que son film INNOCENCE est attendu avec curiosité. Il a reçu récemment le Prix du meilleur premier film au Festival de San Sebastian. Un générique noir et blanc, l'image d'un cercueil, de l'eau, une belle forêt sombre, un couloir, des bruits sourds, on remonte, un cercueil avec une petite fille... Des fillettes de 6 à 12 ans vivent en autarcie sans contact avec l'extérieur dans une étrange école au milieu d'une forêt. Les plus grandes prennent en charge les plus petites, elles apprennent les sciences naturelles et la danse. Elles ne savent pas ce qui se passe derrière les murs ni dans les souterrains... On suit la découverte de cet étrange lieu en même temps que la petite Iris qui y arrive. Comme la chenille qui devient papillon, ces fillettes évoluent au fil des ans. Peut-être qu'elles sont observées, peut-être certaines disparaissent... Pour faire un jeu de mot, Lucile Hadzihalilovic montre des choses plutôt innocentes, c'est le spectateur qui les interprète comme il veut. Les fillettes sont filmées au ras de leur jupette et doivent se montrer sur une scène. INNOCENCE baigne dans un univers à la fois réaliste et fantastique, des moments oniriques et d'autres perturbant. Le son et l'image sont très soignés. Entendu dans le film: "L'obéissance est le seul chemin qui mène au bonheur".

 

LILA DIT ÇA
Réalisateur (et scénario): Ziad Doueiri
D'après un roman de Chimo
Acteurs : Vahina Giocante, Mohammed Khouas, Karim Ben Haddou, Edmonde Franchi...
Sortie le 26 janvier 2005

LILA DIT ÇA est le second long-métrage de Ziad Doueiri. Son premier film "West Beyrouth" était à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes en 1998. Il avait été primé et applaudi dans plus d'une vingtaine d'autres festivals à travers le monde... Sans rapport avec LILA DIT ÇA vous lirez peut-être ailleurs qu'il a travaillé avec Quentin Tarantino, il était cadreur en effet. LILA DIT ÇA c'est un roman qui avait agité le milieu littéraire en 1996, on se demandait alors qui était vraiment celui qui l'avait écrit. L'histoire ne se passe plus en banlieue parisienne (avec ses clichés de cité) mais dans le quartier du Panier à Marseille. On y voit un univers cosmopolite brassé de plusieurs cultures. Lila c'est une jeune fille de 16 ans qui rencontre Chimo, un mec de 19 ans. Lui, il traine avec ses potes et presque en secret se découvre un intérêt pour l'écriture. Elle c'est pas une cagole, mais tout de même les gars du quartier sont allumés. Lila voudrait dire bien des choses à Chimo, et elle dit ça: des choses crues sur le sexe. Chimo est déstabilisé en même temps qu'attiré par cette fille. Lila dit ça comme la femme qu'elle n'est pas vraiment... C'est presque un film féministe, surtout vers la fin avec le comportement brutal de certains garçons. LILA DIT ÇA est une déclaration d'amour maladroite entre deux jeunes, en même temps qu'un moment de cinéma émouvant.

Janvier vous souhaite avec ces films une bonne année 2005.

Tofy

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