| CRITIQUES de FILMS |
Réalisateur
: Pitof Mais Pitof est-il le seul à plaindre ? Le vrai problème qui se pose pour critiquer Vidocq est : par où commencer ? Un constat tout dabord, ce film nest pas pire que Le Pacte des loups, qui détient toujours la palme de la catastrophe cinématographique. À moins que lon se soit progressivement habitué au ridicule et que plus rien ne navre. Bref résumé de lhistoire. Un méchant alchimiste, camouflé derrière un miroir sans tain et une grande cape noire, terrorise un Paris à la veille des Trois Glorieuses et fait plein de victimes sur son passage à coups de foudres dans le chapeau. Vidocq (Gérard Depardieu) meurt dès louverture du film (pour le rôle titre, pas de bol, mais en fait il nest pas vraiment mort), et un gentil biographe officiel (Guillaume Canet) mène son enquête. Avec pour fil dAriane un douteux élixir déternelle jouvence. Est-ce parce quil est gentil, ou parce quil est biographe officiel ? Toujours est-il que les témoins, traumatisés par ce quils savent du méchant, racontent au pauvre niais ce que même la police (André Dussollier) na pas pu découvrir. Et dès ces confessions faites, les malheureux narrateurs se font occire illico par linvité-mystère. De là à conclure que le biographe et lalchimiste ne font quun, il ny a quun pas. Et, Ô ! coup de théâtre digne dun tragédie antique, cest pile poil ce qui arrive. Étonnant, non ? Bon. Après, il y a le duel final, et encore après lombre de lalchimiste mort pour bien nous faire comprendre quà la place de Vidocq ressuscité, nous aurions du mouron à nous faire. Genre Ill be back ! mais sans Freddy. Ce résumé sans appel devrait suffire à traduire ce que lon pense de cette superproduction labellisée qualité française. Mais lénervement produit par ce film ne peut sapaiser en dix lignes et exige un acharnement thérapeutique. Comme lhistoire se veut hautement et savamment mystérieuse, la structure du récit semmêle immédiatement les pinceaux et compte sur les personnages pour raconter tout ce qui ne peut apparemment être montré. Cest gentil, mais on sen fout : nous aurions aimé le découvrir différemment. Les ressorts de ce faux thriller sont donc grossièrement brossés, à grands coups de tirades dans lesquelles les comédiens sempêtrent. En contrepoint, nous nous attardons largement dans divers salons de prostitution, ou sous le dôme des Invalides transformé pour loccasion en autel sacrificiel de jeunes vierges. Cest le genre dexercice avec lequel le plus obscur apprenti-scénariste se ferait recaler sans autre forme de procès. Oubliant lhistoire, nous cherchons alors un quelconque intérêt du côté de la réalisation. Quête rapidement nauséeuse, tant il y a de gros plans vraiment très gros, de circonvolutions de caméras et deffets en veux-tu en voilà, de bousculades et de racolages. Tous les clichés hémoglobino-érotiques sont passés au crible et méticuleusement répertoriés. Le fameux full numérique, prouesse technologique sur laquelle la production a fondé son marketing, nen reste pas moins une image vidéo (plus la caméra bouge et plus cest visible, et la caméra bouge tout le temps). Et surtout, surtout, je demande solennellement que lon saffranchisse de lhéritage de Bruce Lee et la culture manga : les héros nont pas besoin denchaîner deux mille saltos arrière ou faire des bonds de Sankukaï pour échapper à leur ennemi. Ça na aucun sens. Alors oui, je sais, les modernes
rétorqueront que coco, tu nas rien compris, tes total
réfractaire au mélange des genres et à la fusion des
cultures, Pitof est visionnaire, over hype, on est dans lère
du tout, il faut briser les moules, blablabla... Ce à quoi je réponds
que le nimporte quoi nimporte comment na jamais accouché
de la moindre nouveauté. Consternant. |